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Ma formation, petit moment de (non) vie.

Vous aussi vous avez déjà eu droit à des formations relous et inutiles ? En ce qui me concerne, c’était sur un sujet qui pouvait m’être expliqué en 1h et je me suis ennuyé pendant une journée et demie. Mais comme il faut toujours savoir transformer une mauvaise expérience en quelque chose de profitable, je me suis dit que mon calvaire pouvait vous amuser. Voici donc le rapport très officiel que j’ai communiqué à ma responsable (les noms ont bien sûr été changés et les notes amputées de passages trop « parlants »). […]

Un cadre dans la cité (on a bien fait un Indien dans la ville…).

Le courage d’un homme se mesure à son attitude face aux épreuves qu’il traverse. Et n’ayons pas peur des mots : j’ai croisé un héros ! Quoi que rétrospectivement, c’était sans doute juste un inconscient.

Ce matin, un cadre dynamique avec sa panoplie complète doit se rendre du RER à son entreprise en traversant la cité. La plupart des gens en costume prennent la navette pour éviter de croiser des scooters brûlés, des gamins qui se battent avec des extincteurs ou des gens qui s’insultent dans une langue d’un autre continent, mais pas lui. Lui c’est un warrior : il se remarque comme John Mcclane avec sa pancarte « I hate niggers » dans Harlem, mais il s’en fiche ! L’homme ne sait pas encore qu’il est une noisette observée par une meute d’écureuils affamés.

I hate niggers

John Mcclane dans Die Hard.

Cher gentil cadre, dans un rare moment d’empathie et avant qu’il ne soit trop tard pour toi, je vais t’expliquer comment ta tenue est perçue par le jeune prédateur des cités :

  1. La coupe de cheveux grisonnante de bogoss avec la raie sur le côté = laisse moi te narguer avec ma coupe de cheveux qui coûte plus cher que ton AX tunée. Et mon sourire ultra-bright, on en parle ou pas ?
  2. Manteau noir avec col = j’ai du style et du charisme auprès de mes sous-fifres, de ma femme et mes enfants que j’aime fesser pour des raisons diverses.
  3. Echarpe rouge = je suis metrosexuel, j’apprécierais peut-être d’être l’objet d’un viol collectif avec violence mais je n’ai pas osé sauter le pas. Avez-vous un avis sur la question ?
  4. Souliers pointus = un symbole phallique qui coûte cher. A l’achat mais aussi quand on se rend compte qu’ils courent moins vite que des Nikes contrefaites du bled.
  5. Sacoche de type PC portable = symbole international de l’incitation au vol (parfois rapidement associé au point 3).
  6. Démarche faite de petits pas frénétiques, accélère lorsqu’on s’approche = Je suis une biche farouche. J’ai quelque chose à cacher, vous devriez essayer de le récupérer.

Avec tous ces signes, notre ami avait donc mis toutes les chances de son côté mais pas de bol, à cette heure là, la cité est encore endormie. Mais ne t’inquiète pas, gentil cadre, tu retenteras ta chance demain. Quant à moi, je penserai à prendre du pop-corn.

Les #Anonymous ont été un poil maladroits avec l’#OpCharlieHebdo

Ne crachons pas dans la soupe, l’initiative des Anonymous de nous offrir des comptes Twitter de djihadistes, ou celle de faire fermer leurs sites part d’une bonne intention. Seulement voilà : derrière ces coups d’éclats qui leur feront une belle promo, il y a des gens qui bossent. La police et les RG sont payés pour traquer le vilain cagoulé et le fait d’éparpiller leurs « clients » ne va pas leur faciliter le travail. Il faudra retrouver les nouveaux comptes et sites. Leur action est donc probablement contre-productive.

Donc, amis Anonymous, fournissez ces informations aux autorités si vous le voulez mais ne faites pas votre BFM qui a été accusé d’avoir donné trop d’informations à la télé (et donc à Coulibaly).

Comme disait le commissaire Biales :

Vouloir jouer les héros, pourquoi pas. Mais avec discernement.

Mais où est Charlie ? #JeSuisCharlie

Quelle claque en ce début d’après-midi du 7 janvier. Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, tous nous ont quittés, exécutés avec barbarie dans les locaux de Charlie Hebdo. Evidemment, nos pensées vont aux victimes et aux familles endeuillées.

Je n’ai pas envie de commenter ce qu’il s’est passé, la presse s’en chargera très bien mais je voulais toutefois vous faire remarquer deux trucs :

1. Un défenseur de la liberté d’expression est à terre

Outre le drame qui s’est joué, c’est la liberté d’expression qui est mise à mal, car le passe-temps de Charlie, c’était bien de repousser ses limites. Et c’était une bonne chose que quelqu’un s’en charge, surtout qu’elle est régulièrement attaquée.

Mais maintenant, qui va prendre le relais ? Qui sera aussi irrévérencieux et qui nous indignera ? Qui va ouvrir sa grande gueule ? J’espère que ce n’est pas juste fini, car on a besoin d’un peu de déviance bien crade pour tester la démocratie. Seulement, maintenant, faut oser.

2. Un climat propice à l’amalgame

Le drame a suscité des réactions diverses. Si certains décérébrés trouvent que « c’est bien fait », d’autres se sont galvanisés autour du tag « #JeSuisCharlie » pour rappeler que la France est un pays de liberté et que nous défendons le droit de s’exprimer librement.

Et puis, il en est d’autres encore qui se laissent gangrener par la haine du musulman. Car faire l’amalgame entre musulman et terroriste est facile : au moins, on peut les cataloguer au physique. C’est sûr, c’est moins effrayant que de penser qu’un roux converti à l’islam radical peut faire sauter votre station de métro… Je ne peux pas laisser dire que les musulmans sont tous des terroristes, comme je ne peux pas laisser dire que tous les nordistes sont des pédophiles. Désolé, mais ce n’est pas aussi évident. Si ça l’était, on aurait des camps de concentration préventifs…

Franchement, je n’aime pas les religions. C’est caca, c’est un outil de manipulation des foules d’un autre âge. Mais ça fonctionne tellement bien qu’on doit faire avec encore aujourd’hui. Alors faisons preuve d’un peu de tolérance et ne succombons pas trop à nos instincts. Car vous êtes d’accord que la plupart des gens aspirent juste à une vie paisible, non ?

6 bonnes raisons de détester les commerciaux en informatique

Il n’y a pas si longtemps, je vous avais fait part d’une expérience personnelle avec le service Communication de la boite dans laquelle j’exerce mes talents de nécrologue en intranets. C’est donc avec un certain plaisir que je vais aborder une autre espèce de nuisibles, le Commercial en informatique. Mais là pas de surprise, vous saviez déjà que telle une vendeuse de Thermomix suceuse de sang, il ne vous lâcherait pas la grappe, même en vacances. Jamais.

Dans le monde de l’informatique, il arrive souvent que nous soyons envoyés en mission dans d’autres sociétés. Evidemment, avant de choisir son informaticien, l’entreprise doit parcourir son CV et l’entendre en confession (« oui, pardon, j’ai fait une requête en dur dans une page JSP »). Cette semaine, nous avons donc vu quelques candidats pour remplacer un de mes collègues sur le départ et c’était l’occasion de contempler quelques commerciaux à l’oeuvre. Je n’ai pas été déçu du voyage, petit compte rendu.

Un commercial

Bonjouuuuur ! Je vous apporte de l’amour et un prestataire !

1. Il a plus l’habitude de vendre que vous d’acheter.

Tout d’abord, le ou la commercial(e) présente bien. Tantôt hyper-actif sous caféine, tantôt Jabba le Hutt sous prozac, il est sûr de lui et ne se démonte jamais(1). Il a l’habitude de vendre du bétail et va vous vanter la qualité de sa viande.

2. Il est très présent.

Le commercial est votre ami, votre meilleur ami, votre ombre. Tant qu’il ne vous a pas vendu son premier fils, il vous harcèle au téléphone et par e-mail. Vous lui aviez bien dit de vous laisser en paix le weekend ? Il vous convaincra que vous ne l’aviez pas fait. Alors, vous le prenez ce nouveau né ou pas ? Il y a déjà une entreprise d’électronique chinoise sur l’affaire, vous savez ?

3. Il vous ment déjà.

Mais oui, le prestataire est tout prêt, tout emballé, presque déjà devant la porte. Sauf qu’en fait, il vous rappellera pour vous expliquer que le tarif journalier est trop bas, que le gus qu’il a proposé est déjà embauché ailleurs ou que des aliens lui ont fait subir une hystérectomie dont il se remet mal. Mais en revanche, il peut vous proposer un anchois dans un bocal qui fera le même travail pour le même prix.

4. Il vous aime.

Il a particulièrement apprécié la qualité de vos échanges, aime beaucoup l’odeur de vos cheveux et est convaincu que vous [êtes|seriez] un merveilleux parent ! Etrangement, lorsqu’il aura obtenu ce qu’il veut, votre relation se réduira jusqu’à devenir inexistante. Il ne répondra plus à vos mots d’amour et ne fera même plus de point de mission. En revanche, il se précipitera sur vous pour vous lécher le [visage] avec une liste d’excuse longue comme le bras lorsque vous aurez besoin d’un autre prestataire. Couché Rintintin !

5. Il est fourbe.

Il vous appelle plusieurs fois d’affilée pour vous forcer à répondre. Ses tournures de phrases vous font comprendre que vous avez déjà accepté son offre et son poulain est déjà dans votre bureau à essayer de craquer votre mot de passe. Ses parents ne sont pas dans une maison de retraite de luxe à Menton comme il tente de vous le faire croire, ils extraient l’argent d’une mine bolivienne depuis leur vente à un cartel. Il propose de trouver une carrière à votre petite nièce qui n’en fiche pas une en CM2 sur un marché Thaïlandais très lucratif.

6. Il sait enrober le diable de sucre.

Parfois, dans son discours il glissera une phrase pour vous dire à quel point il vous apprécie, que la vie est belle et que son sbire maléfique est en fait une petite fée rigolote : « C’est un excellent développeur, en plus le feeling passe très bien. De plus j’apprécie grandement la qualité nos échanges et vos cheveux sentent toujours très bon. » Une fois le sbire acheté, la garantie, la période de recouvrement, la date de départ, tout deviendra flou, voire apocalyptique. Vous vous étonnerez cependant lorsque votre nouveau collègue défectueux se lèvera en levant les bras au ciel dans un rire satanique avant de se rasseoir paisiblement. Mais on s’habitue à tout.

7. Savoir contre attaquer avec la même force.

Faire saliver la commerciale en la laissant dans son trip, ne pas retenir son candidat, puis la consoler en lui demandant si vous pouvez boire ses larmes.
Après tout, vous étiez déjà cruel avant qu’elle ne naisse(2).

(1) : Il existe cependant une notice pour ce faire à coup de démonte pneu dans la g…, c’est à tester.
(2) : Ou ça c’est juste moi peut-être…