Facebook et moi

J’ai longtemps rechigné à intégrer le faux village global de Facebook parce que c’est sans doute le meilleur endroit pour se faire dépouiller de son identité. Peu d’entre nous réalisent que mettre en ligne sa vie, c’est devoir en assumer les éventuelles conséquences. Surtout sur un site qui a clairement l’ambition de tout connaître sur vous et est capable  de revendre la profondeur de bonnet de votre copine à une société de lingerie.  Imaginez que le simple fait de vous mettre célibataire vous octroie d’office la situation sociale de pervers lubrique adepte de tous les sites de rencontres et des objets vibrants.

Vos infos personnelles ont un prix et là, plus besoin de les chercher puisque vous les apportez vous-même. Mais que voulez-vous,  FB c’est comme un iPhone. C’est tellement bien qu’on en oublie qu’on nous prive de quelque chose.
Une dictature choisie, le confort de se laisser porter par le courant, nos données centralisées. Nous sommes branchés à la Matrice 🙂

Finalement, vous savez quoi ? Ben j’y suis allé, moi dans la Matrice, pour faire comme la masse grouillante. Par contre, j’ai pris soin de ne mettre aucune info perso. C’est dommage, aucun de mes anciens camarades ne me retrouvera jamais. Mais ce n’est pas plus mal car autant que ce soit moi qui les débusque et qu’on me foute la paix.
Je me sers juste de FB pour relayer les messages de ce blog ou partager des news. Mais à en croire les commentaires, les gens s’intéressent plus à votre vie qu’à ce que vous pensez. Le trafic de ce blog ne passe jamais par FB, mes posts n’ont jamais droit à un « j’aime », mais par contre si vous lâchez un truc intime ça intéresse. C’est une sorte de Voici/Gala de vos amis.

Et puis j’ai un problème avec le cucul, et là j’ai été servi (et j’ai eu du rabe). On se croirait dans un magazine féminin. Horoscope, machine à prédire l’avenir, orthographe d’écolier trépané…

Je vais rester à distance, mais ça ne signifie pas que ça n’apporte rien de bien ou que les visiteurs sont tous des nolifes drogués au réseau social. Je pense juste qu’il faut se méfier d’un site qui fait tout pour vous pousser à vous confier en public. Surtout s’il a clairement le monopole dans ce domaine.

Pour finir sachez que le projet Diaspora se veut une alternative. Mais quand on sait le temps qu’à pris Firefox à s’imposer face à IE, on se dit qu’il n’y aura jamais vraiment concurrence. Enfin, savoir qu’il existe a quelque chose de… presque rassurant 🙂

Spi

Tombé de l'arbre de l'évolution, tente vainement de rattraper son retard. Se rassure en surfant sur les skyblogs.

Commentaires FaceBook

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5 Responses to Facebook et moi

  1. Je n’ai pas FaceBook, mais j’aurai volontiers cliqué sur « J’aime ».

    Tu as raison, savoir que Diaspora existe, c’est déjà beaucoup. Pourvus qu’il immerge !

    • Spi dit :

      Héhé. Merci 🙂

      Franchement, c’est un peu comme Apple. Une fois que tu es abonné à FB, pourquoi est-ce que tu prendrais le risque d’aller voir chez les concurrents naissants qui ont toutes les chances d’être de moins bonne qualité ? D’autant que l’argument de conserver sa vie privée est faible par rapport à celui de la simplicité d’usage.

      Donc tu vois, Diaspora, j’y crois moyen comme concurrent direct. Mais comme outil perso ou d’entreprise, pourquoi pas ?

  2. Jeff dit :

    Je n’ai pas FaceBook et j’aime pas ton blog non plus 😀

    J’espère bien que les gens sont conscients que s’ils collent des trucs persos, « tout le monde » pourra les lire (enfin, je suppose juste leurs 300 amis).

    • Spi dit :

      J’ai du mal à comprendre comme on peut avoir 300 amis (et j’ai du mal à comprendre comment tu peux en avoir un seul, toi… ah ben c’est vrai, t’en as pas) :).

      Mouais, mais comme je disais, dans la balance la confidentialité pèse souvent moins que les fonctionnalités de l’appli.

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